Me broni ba (My White Baby)

Vendredi 18 février 2022, 16h30 – Salle 300

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d’Akosua Adoma Owusu

Ghana–É.-U. doc.-exp. sans dialogues 2009 coul. et n&b 22min (vidéo num.)

Me Broni Ba est un portrait lyrique des salons de coiffure à Kumasi, au Ghana. L’héritage emmêlé du colonialisme européen en Afrique est évoqué à travers l’image de femmes qui pratiquent le tressage de cheveux sur de vieilles poupées blanches venant de l’Ouest. Le film se déroule à travers une série de séquences, autour de l’histoire d’un enfant qui émigre du Ghana vers les États-Unis. Le film dévoile le sens profond du terme akan, « me broni ba », ce qui signifie : mon bébé blanc.

Akosua Adoma Owusu

Akosua Adoma Owusu, née le 1er janvier 1984, est une cinéaste ghanéenne-américaine d’avant-garde et une productrice dont les films sont diffusés dans le monde entier. Elle a cherché notamment à visualiser cette triple conscience de l’africaine vivant aux États-Unis, ce terme de triple conscience faisant référence au texte de 1903 de  W. E. B. Du Bois’ : The Souls of Black Folk (« les Âmes du peuple noir »).

W.E.B. Du Bois parlait de « double conscience » en évoquant l’expérience des noirs américains, pris entre leur assimilation possible à la communauté américaine et leur histoire, leurs singularités. Akosua Adoma Owusu évoque cette triple conscience à laquelle doit faire face une africaine immigrée aux États-Unis, qui est tenté de s’assimiler à la culture américaine prédominante, qui est identifiée aux afro-américains par la couleur de sa peau mais qui ne s’identifie pas complètement à leur histoire, et qui a sa propre culture africaine

Ce film s’inscrit dans une séance de courts métrages comprenant :
Pumzi
Tinye So
L’Or blanc

L’Image, le Vent et Gary Cooper

Samedi 12 février 2022, 19h00 – Salle 300

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d’Isabelle Boni-Claverie

Côte d’Ivoire doc. vostf 2000 coul. 22min (vidéo num.)

A travers des extraits de films africains, ce documentaire propose un voyage poétique dans une ville imaginaire, emblématique de toutes les grandes villes africaines. Il nous rappelle également, grâce aux mots inspirés du cinéaste Djibril Diop Mambety, la responsabilité de celui qui prend des photos des autres.

Isabelle Boni-Claverie

Isabelle Boni-Claverie est scénariste, réalisatrice et écrivaine.

Elle traverse les genres selon les besoins de la narration. Depuis plus de 15 ans, elle a co-écrit des séries très populaires pour la télévision française tout en réalisant avec succès des films plus personnels.

À 18 ans, son premier texte, La Grande dévoreuse, est publié dans « Villes d’Exil » (éd. Le Monde/La Découverte), puis réédité dix ans plus tard sous forme de roman par les NEI (Nouvelles Editions Ivoiriennes).

À 22 ans, elle est chef de la rubrique cinéma de Revue Noire, première revue d’art contemporain consacrée à l’Afrique et sa diaspora. Elle collabore ensuite pendant cinq ans avec le mensuel AM (Afrique Magazine) pour lequel elle crée la rubrique « Ma nuit avec ».

Sa rencontre avec la réalisatrice Claire Denis la convainc de faire du cinéma. Après des études de Lettres Modernes à la Sorbonne et d’Histoire de l’Art à l’Ecole du Louvre, elle entre à La Fémis dont elle sortira diplômée en scénario en 2000.

En 2005, l’acteur et producteur américain Danny Glover (L’Arme fatale, Witness, La Couleur pourpre…) lui confie l’adaptation pour le cinéma du roman de Valérie Tong Cuong, « Où je suis » (éd. Grasset) qui devient Heart of blackness.

Depuis, Isabelle a co-écrit un certain nombre de téléfilms et de séries pour la télévision, parmi lesquels la comédie Sexe, Gombo et Beurre Salé (ARTE), Seconde Chance (TF1), Coeur Océan (France 2) et Plus Belle La Vie (France 3).

Remarquée d’abord au sein de la profession – deux de ses premiers courts métrages, Pour la nuit et Le Génie d’Abou sont primés dans plusieurs festivals internationaux –, Isabelle Boni-Claverie l’est ensuite par un public plus large. Son documentaire Trop Noire pour être Française ?, diffusé pour la première fois en 2015 sur ARTE, est à la fois un succès d’audience et un succès médiatique.

Ce film, et le livre Trop Noire pour être Française paru en 2017 aux Editions Taillandier, attestent du désir d’Isabelle Boni-Claverie de raconter les histoires de toutes celles et ceux qui restent sous représenté-e-s au cinéma et dans la littérature.

Régulièrement sollicitée par la télévision et la presse sur les questions du vivre ensemble, Isabelle Boni-Claverie intervient aussi comme conférencière. Elle a été conviée à s’exprimer à deux reprises à l’ONU.

En 2019, elle est professeure invitée à l’Université de New York (NYU). Dans ce cadre, elle organise un festival de trois jours, The Black Experience In French Cinema : A Film Retrospective and a Conference, qui réunit cinéastes, comédiens et chercheurs français et américains.

En 2020, elle reçoit le Grand Prix French Voices, décerné aux Etats-Unis par la Fondation Face et les Services Culturels de l’Ambassade de France pour son livre Trop Noire pour être française.
En 2021 elle crée avec Aïssata Sy sa société de production,Izzy B. Productions, afin de produire des fictions et des documentaires inclusifs qui racontent le monde d’aujourd’hui.

Ce film sera suivi de la projection de Rage

La séance sera présentée par Isabelle Boni-Claverie et Newton I. Aduaka

En présence d’Abd Al Malik (musicien, écrivain, cinéaste) et Pap NDiaye (historien, directeur du Palais de la Porte Dorée)

→ séance suivie d’un débat modéré par Hind Meddeb (cinéaste)

Chef !

Samedi 12 février 2022, 14h30 – Salle 300

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de Jean-Marie Teno

Cam.–Fr. doc. vostf 1999 coul. 1h01 (cin. num.)

De passage dans mon village pendant le week-end du 20 décembre 1997, alors que j’assiste en « touriste » aux cérémonies d’inauguration d’un monument à la gloire d’un ancien chef, je suis témoin d’une scène de justice populaire pendant laquelle un adolescent risque de perdre la vie pour avoir volé une poule et quatre poussins. Quelques heures plus tard, je découvre au dos d’un calendrier, un texte d’une rare violence contre les femmes : le règlement intérieur du mari au foyer. Enfin, pour avoir posé la question de l’état de santé du Chef de l’état camerounais, Paul Biya, Pius Njawé, un journaliste réputé est jeté en prison. Il en sort 10 mois plus tard avec un témoignage accablant sur les conditions inhumaines de détention dans la prison de New-Bell à Douala. C’est le point de départ d’une réflexion sur les inégalités au Cameroun, pays de chefs, petits et grands.

Témoin d’une scène de justice populaire où un adolescent risque sa vie pour le vol d’une poule, Teno s’interroge sur le pouvoir des chefs dans la société camerounaise, « pays de chefs, petits et grands ».

Jean-Marie Teno

Jean-Marie TENO est né au Cameroun. Il arrive en France en 1978 pour y poursuivre des études universitaires en communication audiovisuelle. Il réalise son premier documentaire, Schubbah, en 1983. Rapidement, il ressent la nécessité de produire et de distribuer lui-même ses films et crée LES FILMS DU RAPHIA en 1987.

Par une approche personnelle qui énonce les maux qui minent les sociétés africaines aujourd’hui, Teno a réussi à constituer un catalogue de films qui, pris individuellement ou collectivement, donne un portrait fascinant de l’Afrique contemporaine et aide à comprendre les enjeux derrière les discours volontaristes ou cyniques des uns et des autres sur l’Afrique.

Ses films se distinguent par leur approche personnelle et originale sur les questions d’identité, de représentation de l’Afrique et de son histoire. Ses films ont été montrés dans de nombreux festivals à travers le monde et depuis 2017, il est membre de l’Académie des Oscars, section Documentaire.

Filmographie :

Le Futur dans le retro (2018) – Long-métrage Documentaire
Une Feuille dans le Vent (2013) – Court-métrage Documentaire
Lieux saints (2009) – Long-métrage Documentaire
Le Malentendu colonial – (2004) – Long-métrage Documentaire
Le Mariage d’Alex (2002) – Court-métrage Documentaire
Vacances au pays (2000) – Long-métrage Documentaire
Chef ! (1999) – Long-métrage Documentaire
Clando (1996) – Long-métrage Fiction
La Tête dans les nuages (1994) – Court-métrage Documentaire
Afrique, je te plumerai (1992) – Long-métrage Documentaire
Mister Foot (1991) – Court-métrage Documentaire
Le Dernier voyage (1990) – Court-métrage Fiction
Bikutsi Water Blues (1988) – Long-métrage Documentaire
La Gifle et la caresse (1987) – Court-métrage Fiction
Fievre Jaune Taximan (1985) – Court-métrage Fiction
Hommage (1985) – Court-métrage Documentaire
Schubbah (1983) – Court-métrage Documentaire

Revue de presse

Chef ! – Fiche Film – Africultures.com

La projection de ce film sera précédée de Train Train Medina

Séance présentée par Jean-Marie Teno (cinéaste)

Suivi d’un débat avec Melissa Thackway (enseignante-chercheuse en cinémas d’Afrique) et Michelange Quay (cinéaste), modéré par Saad Chakali (critique de cinéma)

La Grammaire de grand-mère

Dimanche 30 janvier 2022, 18h00 – Salle 300

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de Jean-Pierre Bekolo

Fr.–Cam. doc. vf 1996 coul. 8min (vidéo)

Le grand cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambéty (Touki Bouki, Hyènes, Badou Boy), en évoquant ses premières expériences de cinéma, le définit ainsi : “C’est une grand-mère qui sait raconter des histoires… mais grand-mère elle-même permet qu’on la trahisse… Grand-mère veut que l’on recommence chaque fois l’histoire d’une autre façon.”

Jean-Pierre Bekolo

Jean-Pierre Bekolo Obama est cinéaste et enseigne le cinéma aux États-Unis. Né au Cameroun, il est révélé à Cannes 1992 avec son film Quartier Mozart qu’il réalise à tout juste 25 ans. Ce film a obtenu de nombreux prix à Locarno, Montréal, Ouagadougou et une nomination aux British Awards aux côtés de Reservoir Dogs de Taranti

Pour les 100 ans du cinéma, il réalise Le Complot d’Aristote, un film appartenant à une série commandée par le British Film Institute à laquelle ont participé Martin Scorsese, Stephen Frears, Bernardo Bertolucci et Jean-Luc Godard. Il a été professeur à l’University of North Carolina à Chapel Hill, à la Virginia Polytechnic Institute et à Duke University. Il a notamment développé une méthode d’enseignement, Auteur Learning, qu’il expérimente dans les Universités noires des Etats-Unis. Son dernier long métrage, Les Saignantes, a obtenu l’Etalon d’Argent et le prix Meilleures Actrices au Fespaco 2007. Il a réalisé la même année une installation vidéo, Une Africaine dans l’Espace, au Musée du Quai Branly à Paris. Son livre Africa for the Future sort en 2009 chez Dagan.

Filmographie :

2015 : Les choses et les mots de Mudimbe (doc. 243 mins)
2013 : Le Président (mocumentaire, 63 mins)
2006 : Avez-vous vu Franklin Roosevelt ? (en cours)
2005 : Les Saignantes (Etalon d’Argent, Fespaco 2007).
1996 : La Grammaire de ma grand-mère (TV – 8 mn)
Le Complot d’Aristote
1992 : Quartier Mozart

Ce film s’inscrit dans une séance de courts métrages comprenant :
Le Damier
L’Étranger venu d’Afrique
Portrait of a Young Man Drowning
One Sunday Morning

Lumumba, la mort du prophète

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EnglishFrançais

LUMUMBA, THE DEATH OF THE PROPHET

de Raoul Peck

1991 / documentary / Germany – Switzerland – France / original title: LUMUMBA, THE DEATH OF THE PROPHET / 69′ / Color / status: finished film / feature / All rights / Catalogue France et International

« If I die tomorrow, it’s because a white man has armed a black man », repeated future Congo Prime Minister Patrice Lumumba in 1960. A highly personal film by a Haitian filmmaker who grew up in Leopoldville.

Film restaured by Velvet Film

Synopsis

Lumumba: la mort du prophète offers a unique opportunity to reconsider the life and legacy of one of the legendary figures of modern African history. Like Malcolm X, Patrice Lumumba is remembered less for his lasting achievements than as an enduring symbol of the struggle for self-determination. This deeply personal reflection by acclaimed fimmaker Raoul Peck on the events of Lumumba’s brief twelve month rise and fall is a moving memorial to a man described as a giant, a prophet, a devil, « a mystic of freedom, » and « the Elvis Presley of African politics. »

Filmography

_ 1983 : Leugt
– 1984 : Merry Christmas Deutschland
– 1988 : Haitian Corner
– 1993 : L’Homme sur les quais
– 1988 : Haitian Corner
– 1991 : Lumumba, la mort du prophète (Lumumba – Death of a Prophet); documentaire
– 1993 : L’homme sur les Quais (The Man by the Shore)
– 1994 : Desounen: Dialogue with Death; documentaire
– 1994 : Haiti – Le silence des chiens (Haiti, Silence of the Dogs); documentaire
– 1997 : Chère Catherine
– 1998 : Corps plongés, téléfilm
– 2000 : Lumumba
– 2001 : Le profit & rien d’autre ! (Profit & Nothing But! Or Impolite Thoughts on the Class Struggle); documentaire
– 2005 : Quelques jours en avril (Sometimes in April)
– 2006 : L’Affaire Villemin, téléfilm
– 2009 : L’École du pouvoir, téléfilm
– 2009 : Moloch Tropical; IFB Berlinale Special
– 2012 : Assistance Mortelle (Fatal Assistance); documentaire
– 2014 : Meurtre à Pacot (Murder in Pacot); IFB Panorama
– 2016 : I Am Not Your Negro; documentaire
– 2017 : Le jeune Karl Marx (The Young Karl Marx)

Raoul Peck

Haitian Film Director, Screenwriter and Producer.

Born in 1953 in Port-au-Prince (Haïti), Raoul Peck was educated in Haiti, Zaire (Congo), the U.S. and France. He studied engineering and economics at Berlin University, worked as a journalist and photographer from 1980 to 1985, and received his film degree from the Berlin Academy of Film and Television in 1988.


Peck explored the horrors of the Duvalier dictatorship in « Man by the Shore » (« L’Homme sur les Quais »/ »The Man on the Shore »), the first Haitian film invited in competition at the Cannes Film Festival 1993 and which was screened at the St Barth Film Festival in 1996; and in his documentary « Haiti: Silence of the Dogs ».
« In Lumumba: Death of a Prophet » (1991), documentary which was awarded the Procirep Prize, Festival du Réel and Best Documentary at the Montreal Film Festival in 1992; and « Chère Catherine » (1997)-a meditation about his final months as Haiti’s Minister of Culture, documentary which was awarded the Sony Special Prize at the 1997 Locarno Festival-Peck takes a personal approach to questions of history, in contrast to his more starkly political films.
Peck’s directorial career includes: « Lumumba, » which aired on HBO in 2002; « Haitian Corner »; « Desounen – Dialogue with Death »; « Haiti – Silence of the Dogs »; and « Corps Plongés. »
Peck was awarded the Nestor Almendros Prize (1994) by the Human Rights Watch in New York and The Irene Diamond Lifetime Achievement Award (2003) by Human Rights Watch.

Revue de presse

« Lumumba, la mort du prophète », de Raoul Peck

Présenté par Raoul Peck (cinéaste) et Armelle Chatelier (historienne)

Lumumba, la mort du prophète

de Raoul Peck

1991 / documentaire / Allemagne – Suisse – France / titre original : LUMUMBA, LA MORT DU PROPHÈTE / 69’ / Couleur / statut : film fini / long-métrage / Tous droits / Catalogue France et International

« Si je meurs demain, c’est qu’un Blanc aura armé un Noir », répétait en 1960 le futur Premier ministre du Congo, Patrice Lumumba. Un film très personnel du cinéaste haïtien grandi à Léopoldville.

Film restauré par Velvet Film

Lumumba selon Raoul Peck

Patrice Lumumba, héros de l’indépendance congolaise, n’a pas trente ans lorsque les premiers soubresauts d’une décolonisation bâclée le propulsent sur le devant de la scène politique internationale. De fonctionaire indigène au bureau de poste de Stanleyville, en passant par plusieurs séjours en prison pour vol ou pour incitation au désordre, il deviendra en l’espace de quelques années (1957-1960) l’homme le plus vilipendé de cette période intensive de la guerre froide. Période qui a mené le monde au bord d’un conflit mondial. Devenu premier ministre de l’un des pays les plus riches d’Afrique, son destin de héros tragique était tout tracé, son assassinat dès lors programmé. Il ne restera que trois mois au pouvoir. Janvier 1961, ses assassins n?avaient plus alors qu’à faire disparaître son corps.

«Il y eu d’abord un film documentaire, Lumumba, la mort d’un prophète, qui a été pour moi une tentative de faire le point sur une partie de ma vie et d’inscrire une mémoire personelle dans la trame de l’événement historique. Le film de « fiction » Lumumba se veut une approche moderne d’un héros historique contemporain, où le romanesque, le politique, la grande histoire comme la petite, l’intime, le quotidien, s’entrelacent et correspondent pour éclairer à la fois un destin individuel exceptionnel et une période importante de notre temps. Lumumba se doit de déranger. Il se doit de questionner notre époque sur ses tares passés et présentes, qui lui restent sur le visage comme d?affreuses verrues. Le Héros tragique est celui que chacun peut trahir impunément.

Je viens de passer dix huit mois comme Ministre de la Culture de mon pays Haïti. Un choix d’abord, bien évidement mais aussi une urgence incontournable. A cause de mes films, à cause de mon engagement, à cause d’un pays qui a su génération après génération, brûler ses ressources humaines.

Dix-huit mois d’une lutte politique dure et impitoyable, dans un pays qui hésite encore entre populisme hégémonique, donc simpliste et démocratie transparente donc compliquée par une tradition qui fait cruellement défaut. Une expérience personnellement douloureuse et l’apprentissage des limites de l’action politique.

C’est avec cet héritage aussi riche que conflictuel que je décide de revenir à ce projet ambitieux que constitue Lumumba. Histoire de faire le point à la lumière de mon propre parcours sur un destin politique biaisé et compris à la base. Histoire de revenir sur un terrain dont je domine mieux les contours. Histoire de remettre 37 ans après les pendules à l’heure au sujet d’un meurtre-sacrifice. Histoire de transcender mes propres douleurs, mes regrets, ma colère intacte. Histoire tout court.»

Raoul Peck

Synopsis

En 1962, un enfant haïtien rejoint ses parents, coopérants au Congo, ex-belge, nouvellement indépendant. Deux ans plus tôt, Patrice Lumumba, figure mythique de l’indépendance congolaise, trouvait la mort au Katanga.

À partir d’une photographie trouvée par sa mère où figure le leader congolais, l’enfant, devenu cinéaste, réalise trente ans plus tard, un film très personnel et sensible où biographie et histoire, témoignages et archives, constituent la trame d’une réflexion autour de la figure de Lumumba, son assassinat politique, les médias et la mémoire.

Fiche technique

Distinctions

Raoul Peck

Raoul Peck a réalisé une œuvre complexe et variée qui va du documentaire à la fiction télé.

Il réalise également des longs métrages : L’Homme sur les Quais, qui fut sélectionné en Compétition à Cannes 1993 et Lumumba, qui fut présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2000. Sometimes in April (2005) est lui présenté à Berlin, Moloch Tropical (2009) à Toronto et à Berlin.

Ancien Ministre de la Culture d’Haïti, Raoul Peck est depuis 2010, Président du Conseil d’Administration de La Fémis. En 2012, Raoul Peck fait partie du Jury du 65ème Festival de Cannes aux côtés du Président Nanni Moretti, Ewan McGregor ou encore Diane Kruger.

Filmographie

– 1983 : Leugt
– 1984 : Merry Christmas Deutschland
– 1988 : Haitian Corner
– 1993 : L’Homme sur les quais
– 1988 : Haitian Corner
– 1991 : Lumumba, la mort du prophète (Lumumba – Death of a Prophet); documentaire
– 1993 : L’homme sur les Quais (The Man by the Shore)
– 1994 : Desounen: Dialogue with Death; documentaire
– 1994 : Haiti – Le silence des chiens (Haiti, Silence of the Dogs); documentaire
– 1997 : Chère Catherine
– 1998 : Corps plongés, téléfilm
– 2000 : Lumumba
– 2001 : Le profit & rien d’autre ! (Profit & Nothing But! Or Impolite Thoughts on the Class Struggle); documentaire
– 2005 : Quelques jours en avril (Sometimes in April)
– 2006 : L’Affaire Villemin, téléfilm
– 2009 : L’École du pouvoir, téléfilm
– 2009 : Moloch Tropical; IFB Berlinale Special
– 2012 : Assistance Mortelle (Fatal Assistance); documentaire
– 2014 : Meurtre à Pacot (Murder in Pacot); IFB Panorama
– 2016 : I Am Not Your Negro; documentaire
– 2017 : Le jeune Karl Marx (The Young Karl Marx)

Revue de presse

“Un vrai poème pour l’histoire, pour un pays, pour un homme”

Libération

“Un film exceptionnel qui encourage le spectateur à s’engager dans la tâche urgente d’interroger l’histoire et notre place dans celle-ci.”

California Newsreel

« Lumumba, la mort du prophète », de Raoul Peck

Présenté par Raoul Peck (cinéaste) et Armelle Chatelier (historienne)

TIGRITUDES
ZAMBIE

OCT —> DÉC. 2023

TIGRITUDES
LUSAKA

AOÛT—> SEPT. 2023

David Achkar, une étoile filante

Vendredi 28 janvier 2022, 16h30 – Salle 300

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de Mama Keïta

France doc. vf 1998 coul. et n&b
21min (vidéo num.)

Un émouvant portrait du cinéaste David Achkar, réalisé juste après son décès par son meilleur ami, collègue et compatriote, son frère de cœur et d’esprit.

Mama Keïta

Réalisateur, scénariste et producteur français et guinéen, né en 1956, à Dakar (Sénégal)

Après des études de droit à l’Université de Paris-I, il devient scénariste. Il débute sa carrière de réalisateur en 1981 et tourne 5 court métrages puis, en 1990 Ragazzi et Le 11ème commandement en 1997.

En 1998, il réalise le documentaire David Achkar, une étoile filante, un hommage à son ami réalisateur mêlant archives, textes et photos. Son dernier film, Le fleuve, est né d’un projet originel de David Achkar.

En 1998, David Achkar qui s’apprêtait à tourner Le Fleuve, meurt d’une leucémie. Il fait promettre à son ami Mama Keïta de faire ce film à sa place. Le cinéaste qui ne connaît pas l’Afrique de l’intérieur doit s’approprier le film de David Achkar et le faire sien. Il entame alors un voyage initiatique de Dakar à Conakry. Le Fleuve, son long métrage réalisé en 2002, reçoit le Prix de la Presse au Festival du film de Paris, 2003. Il signe Le Sourire du Serpent, réalisé en 2006, en compétition au FESPACO 2007. En 2009, il sort L’Absence sélectionné au Festival de Rotterdam (Hollande) et dans la compétition officielle du Fespaco 2009 (Burkina Faso) où il reçoit le prix du scénario.

Son court métrage One more vote for B. Obama fait partie du film collectif L’Afrique vu par… (produit et présenté au 2ème Festival Panafricain d’Alger – Panaf’ 2009, Algérie) qui réunit dix courts métrages signés par des réalisateurs africains.

Ce film sera suivi de la projection de Allah Tantou

Présenté par Mama Keïta (cinéaste)

Allah Tantou

Vendredi 28 janvier 2022, 16h30 – Salle 300

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de David Achkar

Gui.–Co.–Fr. doc. vostf 1990 coul. et n&b 52min (vidéo)

Marof Achkar – père du cinéaste – s’apprête à être nommé Haut-Commissaire à l’ONU. Il est alors rappelé par son gouvernement. Arrêté sur le tarmac de Conakry, il ne sortira pas vivant du camp Boiro.

David Achkar

David Achkar est né en 1960 à New York. Parti trop tôt, il promettait d’être l’un des plus brillants cinéastes de sa génération en Afrique. Il a laissé derrière lui une filmographie modeste mais significative. Allah Tantou, son œuvre la plus connue, est devenu le premier film africain à confronter les immenses coûts personnels et politiques des violations généralisées des droits de l’homme sur le continent. Il est décédé en 1998 à Conakry, en Guinée.

Filmographie :

Renaud-Barrault (1983)
Allah Tantou (1990)
Kiti, Justice en Guinée (1996)

Revue de presse

California Newsreel – ALLAH TANTOU

Allah Tantou | Fiche Films Africultures

La projection de ce film sera précédée de David Achkar, une étoile filante

Présenté par Mama Keïta (cinéaste)

Handsworth Songs

Mercredi 26 janvier 2022, 18h30 – Salle 300

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de John Akomfrah

UK doc. vostf. 1986 coul. 1h01 (cin. num.)

Passionnant essai sur les luttes antiracistes britanniques des années 1980 et les émeutes de 1985 dans le quartier de Handsworth à Birmingham, par le cinéaste anglo-ghanéen,
également plasticien.

John Akomfrah

John Akomfrah, OBE (né le 4 mai 1957) est un artiste, écrivain, réalisateur, scénariste, théoricien et curateur anglais d’origine ghanéenne, dont « l’engagement envers un radicalisme à la fois politique et cinématographique s’exprime dans tous ses films ».

Fondateur du Black Audio Film Collective en 1982, il a fait ses débuts en tant que réalisateur avec Handsworth Songs, qui examinait les retombées des émeutes de 1985 à Handsworth. Handsworth Songs a remporté le prix Grierson du meilleur documentaire en 1987. Selon le Guardian, il « a acquis la réputation d’être l’un des cinéastes les plus novateurs du Royaume-Uni, dont les œuvres poétiques traitent de la race, de l’identité et des attitudes postcoloniales depuis plus de trois décennies ».

Akomfrah est né à Accra, au Ghana, de parents engagés dans le militantisme anticolonial. Dans un entretien avec Sukhdev Sandhu, Akomfrah a déclaré : « Mon père était membre du cabinet du parti de Kwame Nkrumah […]. Nous avons quitté le Ghana parce que la vie de ma mère était en danger après le coup d’État de 1966, et mon père est mort en partie à cause de la lutte qui a mené à ce coup d’État ». Vivant en Grande-Bretagne depuis l’âge de quatre ans, Akomfrah a fait ses études dans des écoles de l’ouest de Londres et à l’école polytechnique de Portsmouth, où il a obtenu un diplôme de sociologie en 1982.

Il est surtout connu pour être l’un des fondateurs du Black Audio Film Collective, actif entre 1982 et 1998, qui s’est consacré à l’examen des questions d’identité des Britanniques noirs par le biais du cinéma et des médias. Handsworth Songs, le premier documentaire produit par le collectif, portait sur les tensions raciales en Grande-Bretagne dans les années 1980.

En 1998, avec Lina Gopaul et David Lawson, ses partenaires de production de longue date, Akomfrah a cofondé Smoking Dogs Films.

De 2001 à 2007, il a été gouverneur du British Film Institute et de 2004 à 2013, gouverneur de l’organisation cinématographique Film London.

Akomfrah a donné des cours et des stages dans des établissements universitaires tels que le Massachusetts Institute of Technology, la Brown University, la New York University, la Westminster University et la Princeton University. Un événement tri-campus de trois jours intitulé « Cinematic Translations : The Work of John Akomfrah » a eu lieu en novembre 2013 à l’Université de Toronto, où il était artiste en résidence. Une critique de la Harvard Film Archive sur son travail indique : « Akomfrah est devenu le pendant cinématographique de commentateurs et de contributeurs à la culture de la diaspora noire tels que Stuart Hall, Paul Gilroy, Greg Tate et Henry Louis Gates. Ce faisant, il a continué à exploiter les archives audiovisuelles du XXe siècle, recontextualisant ces images non seulement en les sélectionnant et en les juxtaposant, mais aussi en y ajoutant des textes éloquents et allusifs. »

Filmographie :

Handsworth Songs (1986)
Testament (1988)
Who Needs a Heart (1991)
Seven Songs for Malcolm X (1993)
The Last Angel of History (1996)
Memory Room 451 (1996)
Call of Mist (1998)
Speak Like a Child (1998)
Riot (1999)
The Nine Muses (2010)
Hauntologies (Carroll/Fletcher gallery, 2012)
The Stuart Hall Project (2013),
The Unfinished Conversation (2013)
The March (2013)
Vertigo Sea (2015)
Auto Da Fé (2016)

Revue de presse

Work of the Week: John Akomfrah, ‘Handsworth Songs’ – ArtReview

Suivi d’un débat avec Alice Diop (cinéaste) modéré par Lotte Arndt (historienne d’art, curatrice)

Suzanne, Suzanne

Dimanche 23 janvier 2022, 15h30 – Salle 300

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de Camille Billops et
James Hatch

États-Unis doc. vostf 1982 n&b
26min (vidéo num.)

Suzanne, Suzanne, tourné par Camille Billops avec la collaboration de son mari, est un des courts métrages les plus émouvants de la génération des réalisatrices noires des années 1970 et 1980. La cinéaste revient sur la difficile relation de Suzanne avec son père alcoolique, qui la poussa vers l’héroïne. Jonglant entre les images de famille et un entretien face caméra, le film aboutit à une scène déchirante où la fille demande des comptes à sa mère. La scène se déploie sans un bruit, dans la quiétude de cette chambre noire, jusqu’à ce que les deux femmes s’étreignent. Camille Billops poursuit ce travail biographique dans cinq films dont le long métrage Finding Christa (1991), sur l’abandon de sa fille. Hugues Perrot

Camille Billops et James Hatch

L’artiste et cinéaste Camille Billops est née le 12 août 1933 à Los Angeles, en Californie. Au cours de sa carrière, Billops a pratiqué la gravure, la sculpture, l’illustration de livres et la réalisation de films. Elle a obtenu sa licence à la California State University et sa maîtrise au City College de New York en 1975.

on principal moyen d’expression est la sculpture et ses œuvres font partie des collections permanentes du Jersey City Museum à Jersey City, New Jersey, et du Museum of Drawers, Berne, Suisse. Billops a participé à des expositions individuelles et collectives dans le monde entier, notamment : Gallerie Akhenaton, Le Caire, Egypte ; Hambourg, Allemagne ; Kaohsiung, Taiwan ; Gimpel and Weitzenhoffer Gallery, et El Museo de Arte Moderno La Tertulia, Cali, Colombie. Elle était une amie et collègue de longue date du maître graveur Robert Blackburn, qu’elle a aidé à créer le premier atelier de gravure à Asilah, au Maroc, en 1978.

En 1975, avec son mari, James Hatch, historien du théâtre noir, Billops a fondé la collection Hatch-Billops. Ces impressionnantes archives afro-américaines sont constituées d’histoires orales, de livres, de diapositives, de photographies et d’autres références historiques. Billops a également collaboré avec James Van Der Zee et le poète Owen Dodson à la publication de The Harlem Book of the Dead. En 1982, Billops a commencé sa carrière de cinéaste avec Suzanne, Suzanne.

Elle suit ce début prometteur en réalisant cinq autres films, dont Finding Christa en 1991, une œuvre hautement autobiographique qui a obtenu le Grand Prix du Jury pour les documentaires au Festival du film de Sundance 1992. Finding Christa a également été diffusé dans le cadre de la série télévisée P.O.V. de la Public Broadcasting Station. Parmi ses autres films, citons Older Women and Love en 1987, The KKK Boutique Ain’t Just Rednecks en 1994, Take Your Bags en 1998 et A String of Pearls en 2002. Billops a produit tous ses films avec son mari et leur société cinématographique, Mom and Pop Productions. Ils ont également co-publié Artist and Influence, un annuel, en 1981, comme un journal complet des Afro-Américains dans la communauté des arts visuels, du spectacle et de la littérature.

Une partie de la collection Hatch/Billops – une ressource majeure pour la recherche sur les arts et les lettres afro-américains du XXe siècle – est conservée dans les archives de la Cohen Library du CCNY. L’impact du couple sur l’étude du théâtre afro-américain est monumental et façonnera le travail des historiens du théâtre et des spécialistes de la littérature pour de nombreuses années à venir.

Ce film s’inscrit dans une séance de courts métrages comprenant :
Pain sec
Jamal

Séance présentée par Ousmane William Mbaye (cinéaste), sous réserve

Jamal (The Camel)

Dimanche 23 janvier 2022, 15h30 – Salle 300

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d’Ibrahim Shaddad

Soudan doc. exp. 1981 n&b 14min (cin. num.)

Ce court métrage signe le clap de début de la nouvelle vague du cinéma soudanais. Poétique et universel.

Film restauré par Arsenal.

Ibrahim Shaddad

Ibrahim Shaddad, né à Halfa au Soudan en 1945, a étudié à la Filmuniversität Babelsberg KONRAD WOLF. Il a écrit et réalisé de nombreux films et quelques pièces de théâtre. Pratiquement tous les films et pièces de théâtre au Soudan ont été abandonnés par les producteurs ou interdits par les gouvernements. Il est membre fondateur du Sudanese Film Group et membre du comité de rédaction du magazine Cinema.

Filmographie :

1964: Jagdpartie / Hunting Party. 

1981: Jamal / A Camel. 

1984: Al Habil / The Rope (32 min.). 

1994: Insan (25 min.).

Ce film s’inscrit dans une séance de courts métrages comprenant :
Pain sec
Suzanne, Suzanne

Séance présentée par Ousmane William Mbaye (cinéaste), sous réserve