Chef !

Samedi 12 février 2022, 14h30 – Salle 300

Années 90 | Documentaire | Long métrage | Programmation Février | Section Afrique
Cameroun | Jean-Marie Teno

de Jean-Marie Teno

Cam.–Fr. doc. vostf 1999 coul. 1h01 (cin. num.)

De passage dans mon village pendant le week-end du 20 décembre 1997, alors que j’assiste en « touriste » aux cérémonies d’inauguration d’un monument à la gloire d’un ancien chef, je suis témoin d’une scène de justice populaire pendant laquelle un adolescent risque de perdre la vie pour avoir volé une poule et quatre poussins. Quelques heures plus tard, je découvre au dos d’un calendrier, un texte d’une rare violence contre les femmes : le règlement intérieur du mari au foyer. Enfin, pour avoir posé la question de l’état de santé du Chef de l’état camerounais, Paul Biya, Pius Njawé, un journaliste réputé est jeté en prison. Il en sort 10 mois plus tard avec un témoignage accablant sur les conditions inhumaines de détention dans la prison de New-Bell à Douala. C’est le point de départ d’une réflexion sur les inégalités au Cameroun, pays de chefs, petits et grands.

Témoin d’une scène de justice populaire où un adolescent risque sa vie pour le vol d’une poule, Teno s’interroge sur le pouvoir des chefs dans la société camerounaise, « pays de chefs, petits et grands ».

Jean-Marie Teno

Jean-Marie TENO est né au Cameroun. Il arrive en France en 1978 pour y poursuivre des études universitaires en communication audiovisuelle. Il réalise son premier documentaire, Schubbah, en 1983. Rapidement, il ressent la nécessité de produire et de distribuer lui-même ses films et crée LES FILMS DU RAPHIA en 1987.

Par une approche personnelle qui énonce les maux qui minent les sociétés africaines aujourd’hui, Teno a réussi à constituer un catalogue de films qui, pris individuellement ou collectivement, donne un portrait fascinant de l’Afrique contemporaine et aide à comprendre les enjeux derrière les discours volontaristes ou cyniques des uns et des autres sur l’Afrique.

Ses films se distinguent par leur approche personnelle et originale sur les questions d’identité, de représentation de l’Afrique et de son histoire. Ses films ont été montrés dans de nombreux festivals à travers le monde et depuis 2017, il est membre de l’Académie des Oscars, section Documentaire.

Filmographie :

Le Futur dans le retro (2018) – Long-métrage Documentaire
Une Feuille dans le Vent (2013) – Court-métrage Documentaire
Lieux saints (2009) – Long-métrage Documentaire
Le Malentendu colonial – (2004) – Long-métrage Documentaire
Le Mariage d’Alex (2002) – Court-métrage Documentaire
Vacances au pays (2000) – Long-métrage Documentaire
Chef ! (1999) – Long-métrage Documentaire
Clando (1996) – Long-métrage Fiction
La Tête dans les nuages (1994) – Court-métrage Documentaire
Afrique, je te plumerai (1992) – Long-métrage Documentaire
Mister Foot (1991) – Court-métrage Documentaire
Le Dernier voyage (1990) – Court-métrage Fiction
Bikutsi Water Blues (1988) – Long-métrage Documentaire
La Gifle et la caresse (1987) – Court-métrage Fiction
Fievre Jaune Taximan (1985) – Court-métrage Fiction
Hommage (1985) – Court-métrage Documentaire
Schubbah (1983) – Court-métrage Documentaire

Revue de presse

Chef ! – Fiche Film – Africultures.com

La projection de ce film sera précédée de Train Train Medina

Séance présentée par Jean-Marie Teno (cinéaste)

Suivi d’un débat avec Melissa Thackway (enseignante-chercheuse en cinémas d’Afrique) et Michelange Quay (cinéaste), modéré par Saad Chakali (critique de cinéma)

La Grammaire de grand-mère

Dimanche 30 janvier 2022, 18h00 – Salle 300

Années 90 | Court métrage | Documentaire | Programmation Janvier | Section Afrique
Cameroun | Jean-Pierre Bekolo

de Jean-Pierre Bekolo

Fr.–Cam. doc. vf 1996 coul. 8min (vidéo)

Le grand cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambéty (Touki Bouki, Hyènes, Badou Boy), en évoquant ses premières expériences de cinéma, le définit ainsi : “C’est une grand-mère qui sait raconter des histoires… mais grand-mère elle-même permet qu’on la trahisse… Grand-mère veut que l’on recommence chaque fois l’histoire d’une autre façon.”

Jean-Pierre Bekolo

Jean-Pierre Bekolo Obama est cinéaste et enseigne le cinéma aux États-Unis. Né au Cameroun, il est révélé à Cannes 1992 avec son film Quartier Mozart qu’il réalise à tout juste 25 ans. Ce film a obtenu de nombreux prix à Locarno, Montréal, Ouagadougou et une nomination aux British Awards aux côtés de Reservoir Dogs de Taranti

Pour les 100 ans du cinéma, il réalise Le Complot d’Aristote, un film appartenant à une série commandée par le British Film Institute à laquelle ont participé Martin Scorsese, Stephen Frears, Bernardo Bertolucci et Jean-Luc Godard. Il a été professeur à l’University of North Carolina à Chapel Hill, à la Virginia Polytechnic Institute et à Duke University. Il a notamment développé une méthode d’enseignement, Auteur Learning, qu’il expérimente dans les Universités noires des Etats-Unis. Son dernier long métrage, Les Saignantes, a obtenu l’Etalon d’Argent et le prix Meilleures Actrices au Fespaco 2007. Il a réalisé la même année une installation vidéo, Une Africaine dans l’Espace, au Musée du Quai Branly à Paris. Son livre Africa for the Future sort en 2009 chez Dagan.

Filmographie :

2015 : Les choses et les mots de Mudimbe (doc. 243 mins)
2013 : Le Président (mocumentaire, 63 mins)
2006 : Avez-vous vu Franklin Roosevelt ? (en cours)
2005 : Les Saignantes (Etalon d’Argent, Fespaco 2007).
1996 : La Grammaire de ma grand-mère (TV – 8 mn)
Le Complot d’Aristote
1992 : Quartier Mozart

Ce film s’inscrit dans une séance de courts métrages comprenant :
Le Damier
L’Étranger venu d’Afrique
Portrait of a Young Man Drowning
One Sunday Morning

Quartier Mozart

Samedi 29 janvier 2022, 21h15 – Salle 300

Années 90 | Fiction | Long métrage | Programmation Janvier | Section Afrique
Cameroun | Jean-Pierre Bekolo

de Jean-Pierre Bekolo

avec Serge Amougou, Sandrine Ola’a
Cameroun fict. vf 1992 coul. 1h20 (vidéo)

Dans une banlieue populaire de Yaoundé, Chef de quartier, jeune fille curieuse, demande à la sorcière de la transformer en jeune homme de façon à observer de l’intérieur les mœurs machistes de ses contemporains. 

Jean-Pierre Bekolo

Jean-Pierre Bekolo Obama est cinéaste et enseigne le cinéma aux États-Unis. Né au Cameroun, il est révélé à Cannes 1992 avec son film Quartier Mozart qu’il réalise à tout juste 25 ans. Ce film a obtenu de nombreux prix à Locarno, Montréal, Ouagadougou et une nomination aux British Awards aux côtés de Reservoir Dogs de Tarantino.

Pour les 100 ans du cinéma, il réalise Le Complot d’Aristote, un film appartenant à une série commandée par le British Film Institute à laquelle ont participé Martin Scorsese, Stephen Frears, Bernardo Bertolucci et Jean-Luc Godard. Il a été professeur à l’University of North Carolina à Chapel Hill, à la Virginia Polytechnic Institute et à Duke University. Il a notamment développé une méthode d’enseignement, Auteur Learning, qu’il expérimente dans les Universités noires des Etats-Unis. Son dernier long métrage, Les Saignantes, a obtenu l’Etalon d’Argent et le prix Meilleures Actrices au Fespaco 2007. Il a réalisé la même année une installation vidéo, Une Africaine dans l’Espace, au Musée du Quai Branly à Paris. Son livre Africa for the Future sort en 2009 chez Dagan.

Filmographie :

2015 : Les choses et les mots de Mudimbe (doc. 243 mins)
2013 : Le Président (mocumentaire, 63 mins)
2006 : Avez-vous vu Franklin Roosevelt ? (en cours)
2005 : Les Saignantes (Etalon d’Argent, Fespaco 2007).
1996 : La Grammaire de ma grand-mère (TV – 8 mn)
Le Complot d’Aristote
1992 : Quartier Mozart

Revue de presse

Africiné – Quartier Mozart de Jean-Pierre Bekolo

La projection de ce film sera précédée de Fifty Fifty, mon amour

Présenté par Dyana Gaye et Valérie Osouf (programmatrices)

Muna Moto

Mercredi 12 janvier 2022, 20h00 – Salle 500

Années 70 | Fiction | Long métrage | Programmation Janvier | Section Afrique
Cameroun | Jean-Pierre Dikongué Pipa

de Jean-Pierre Dikongué Pipa

Philippe Abia, Arlette Din Beli
Cameroun fict. vostf 1975 n&b 1h29 (cin. num.)

N’Dome aime Ngando. Mais le jeune homme ne parvient pas à réunir la dot nécessaire au mariage et demande l’aide de son oncle. Mais celui-ci s’éprend de la jeune femme qui lui donnera, espère-t-il, l’enfant qu’il attend vainement de ses premières épouses. Il paie donc la dot, mais pour lui-même. De désespoir, la jeune femme se donne alors à l’homme qu’elle aime, mais ce geste ne décourage nullement l’oncle qui l’épousera en la sachant enceinte. Le vrai père, N’Dome, viendra, trois ans plus tard, reprendre son enfant.

Grand classique du 7e art africain, cette tragédie met en scène le conflit entre un oncle et son neveu, amoureux de la même femme.

Étalon d’or, FESPACO 1976

Sélection officielle, Mostra de Venise 1975

Restored in 2019 by Cineteca di Bologna/L’Immagine Ritrovata and The Film Foundation’s World Cinema Project. Funding provided by the Hobson/Lucas Family Foundation. This restoration is part of the African Film Heritage Project, created by The Film Foundation, FEPACI and UNESCO – in collaboration with Cineteca di Bologna – to help locate, restore, and disseminate African cinema.

Jean-Pierre Dikongué Pipa

Alors qu’il est adolescent, Jean-Pierre Dikongue-Pipa pratique le théâtre en amateur. Il crée bientôt sa propre troupe et écrit ses pièces. A Paris, il suit des études cinématographiques au Conservatoire indépendant du cinéma français de 1962 à 1964.

Jean-Pierre Dikongue-Pipa réalise quelques courts métrages avec l’aide du ministère français de la Coopération, puis, devant les difficultés inhérentes au cinéma en Afrique, reprend ses activités théâtrales. Près de dix ans plus tard, il parvient à réaliser l’un des premiers longs métrages camerounais , Muna moto (1975), qui raconte les tribulations d’un couple d’amoureux confrontés aux pesanteurs de la tradition, symbolisée en la circonstance par la dot. Critique apparente des archaïsmes, mais aussi – plus discrètement, pour échapper à la censure – des abus de pouvoir si fréquents dans le continent africain, le film séduit la critique européenne par la beauté des images et une justesse de ton proche du néoréalisme. Le Prix de la liberté (1978), qui évoque la condition féminine, est en revanche un peu trop simpliste pour convaincre des esprits accoutumés à un langage cinématographique élaboré. Mais peut-être ce type de cinéma sert-il avant tout un objectif de communication auprès du public africain ?

Courts métrages

en tant que : Réalisateur

1965Un simpleJean-Pierre Dikongue-Pipa
1966Cornes (Les)Jean-Pierre Dikongue-Pipa
1966Rendez-moi mon pèreJean-Pierre Dikongue-Pipa
1984Foire aux livres à Harare (La)Jean-Pierre Dikongue-Pipa

Longs métrages

en tant que : Réalisateur

1975Muna moto
L’enfant de l’autre
Jean-Pierre Dikongue-Pipa
1978Prix de la liberté (Le)Jean-Pierre Dikongue-Pipa
1980Kpa KumJean-Pierre Dikongue-Pipa
1981Music and music : super concertJean-Pierre Dikongue-Pipa
1983Histoires drôles, drôles de gensJean-Pierre Dikongue-Pipa
1987Courte maladie = BadyagaJean-Pierre Dikongue-Pipa

en tant que : Scénariste

1975Muna moto
L’enfant de l’autre
Jean-Pierre Dikongue-Pipa
1978Prix de la liberté (Le)Jean-Pierre Dikongue-Pipa
1983Histoires drôles, drôles de gensJean-Pierre Dikongue-Pipa
1987Courte maladie = BadyagaJean-Pierre Dikongue-Pipa

Revue de presse

Muna Moto – Il était une fois le cinéma

http://www.peuplesawa.com/fr/bnnews.php?nid=1031

Cinéma Raconté | #6 Muna Moto, la tradition mise à nue | Ausha

Soirée d’ouverture en présence de Dyana Gaye et Valérie Osouf (programmatrices)